Qui s'équipe de mauvais pneus perd du sol et de l'argent

Le spécialiste en pneumatiques qualifié Raphael Ochsner, responsable de secteur des ventes chez Michelin Suisse SA, ose un pronostic sur la place qu'occupera le secteur du pneu dans dix ans – et révèle quelle musique il préfère écouter, que ce soit au volant ou autour d'un barbecue.

Raphael Ochsner, concierge de formation et spécialiste en pneumatiques, est responsable de secteur des ventes chez Michelin Suisse SA et vit dans le canton d'Argovie. (Photo : Kirsten Müller)

Raphael Ochsner, concierge de formation et spécialiste en pneumatiques, est responsable de secteur des ventes chez Michelin Suisse SA et vit dans le canton d'Argovie. (Photo : Kirsten Müller)

Comment avez-vous trouvé votre voie dans le secteur du pneu ?

Après mon apprentissage de concierge, je suis allé à l'armée. Ensuite, le secteur automobile m'a attiré. J'ai fait un stage de découverte chez un marchand de pneus et c'est ainsi que je suis entré pour la première fois en contact avec la branche. À la suite de cela, j'ai décidé de suivre une formation de spécialiste en pneumatiques.

Qu'est-ce qui vous fascine particulièrement à l'interface entre l'agriculture et les pneus ?

Pour beaucoup de gens, le pneu est simplement quelque chose de noir et de rond avec un trou au milieu. Mais c'est bien plus que cela. Quand on en prend conscience : sans cette chose ronde, il n'y a pas de déplacement. Un pneu se compose de plus de 200 composants différents qui influencent le confort de conduite, la consommation de carburant, l'usure et aussi la problématique de la pression au sol. Et c'est exactement là que j'en viens à l'agriculture. Je suis fasciné par le fait qu'un métier si ancien, fort d'une grande tradition artisanale, soit capable d'une énorme efficacité grâce aux technologies les plus modernes – avec toujours pour objectif de produire de la nourriture. Le métier de base n'a finalement pas changé, mais les dimensions se sont déplacées. Et nous, dans le secteur du pneu, nous continuons à développer nos produits en fonction de ces besoins.

De votre point de vue, quelles sont les plus grandes difficultés pour les entrepreneurs agricoles (ETA) lors du choix des pneus ?

Il existe une quantité impressionnante de produits différents, et chacun affirme avoir le meilleur. Choisir le pneu exactement adapté à l'utilisation prévue n'est pas trivial. Cela nécessite de bons conseils et de solides connaissances des produits. De plus, le service après-vente doit également être à la hauteur, par exemple pour recommander la bonne pression de gonflage pour les travaux, ou encore pour les questions de garantie.

Le tassement du sol figure en bonne place parmi les préoccupations environnementales. Que fait Michelin à ce sujet ?

Un bref regard en arrière : dès 2004, nous avons introduit sur le marché le premier pneu répondant à la norme VF. La technologie brevetée Michelin Ultraflex y est appliquée et garantit des pressions de gonflage plus basses ainsi que la flexibilité de la carcasse sur le long terme. Des matériaux différents et plus résistants à la chaleur y sont utilisés et assurent une meilleure préservation du sol ainsi qu'une consommation de carburant réduite. Depuis, nous développons cette technologie en permanence.

Où voyez-vous le marché suisse du pneu agricole dans dix ans – quelles tendances modifieront le plus fortement la branche ?

Le fossé entre les pneus de haute qualité et les pneus bon marché sera de plus en plus grand. De plus, le choix des pneus dans l'agriculture de précision sera un facteur décisif. Le pneu est le seul élément du véhicule porteur qui entre en contact direct avec le sol. Les entrepreneurs agricoles y sont sensibilisés depuis longtemps. À cela s'ajoute la discussion sur l'abrasion (usure). Nous travaillons depuis longtemps à l'optimisation des mélanges de gomme ainsi que des profils, et nous voulons, d'ici 2050, fabriquer tous nos pneus entièrement à partir de matériaux renouvelables et recyclés.

Dans quel rôle voyez-vous les entrepreneurs agricoles ?

Pour nous, ils sont clairement le fer de lance de l'agriculture. Ils assument de plus en plus un rôle de conseil et influencent l'agriculture de manière positive et tournée vers l'avenir grâce à leurs connaissances.

Voyager dans des pays étrangers est l'un de vos hobbies. Quel pays vous a le plus fasciné jusqu'à présent ?

Le Japon est resté gravé de manière particulièrement durable dans ma mémoire, et ce, précisément parce que c'est exactement comme dans l'agriculture : la tradition y est préservée entre les gratte-ciel les plus modernes. Les Japonais protègent ce bien. Un autre point fort là-bas a été le « Bullet Train » (Shinkansen), qui se déplace de A à B à plus de 300 km/h.

Où vous trouve-t-on pendant votre temps libre ?

En ce moment, beaucoup en train de travailler à la maison, et sinon lors d'une agréable soirée barbecue chez moi avec de la bonne musique, du punk, du hard rock ou de la country.

 

Interview / Photo : Kirsten Müller

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