Le Conseil fédéral met en consultation sa proposition pour la future politique agricole. Un aperçu des premières réactions de différentes organisations et associations.

Plus de marge de manœuvre entrepreneuriale, moins de bureaucratie et un système de paiements directs davantage axé sur les résultats : avec la Politique agricole 2030+ (PA2030+), le Conseil fédéral souhaite apporter plusieurs changements. Les premières réactions au projet sont par conséquent contrastées, allant d'une approbation de principe à des critiques claires sur certaines nouveautés prévues, en passant par des demandes de moyens financiers supplémentaires.
L'Union suisse des paysans (USP) critique particulièrement dans la proposition du Conseil fédéral la réduction de l'enveloppe financière. La PA2030+ se transforme ainsi en un projet d'économies, indique l'USP dans un communiqué. L'USP exhorte le Conseil fédéral à respecter les décisions du Parlement et à mettre à disposition les moyens supplémentaires nécessaires. Dans la future politique agricole, certaines contributions des paiements directs ne devront plus être versées en fonction des mesures, mais des résultats. Parallèlement, les exigences de base pour leur obtention doivent être revues à la hausse et les conditions-cadres sur le marché améliorées. L'USP écrit qu'elle examinera en particulier dans quelle mesure la proposition répond à ses objectifs à cet égard. Afin de garantir plus de stabilité aux familles paysannes, l'association demande en outre que la prochaine politique agricole reste en principe en vigueur pendant 12 ans.
Les Producteurs Suisses de Lait (PSL) considèrent comme positif le fait que les exploitations bénéficient d'une plus grande marge de manœuvre et que les processus administratifs soient simplifiés, comme l'indique un communiqué. Il est cependant crucial que ces intentions soient concrètement mises en œuvre et dotées des moyens financiers nécessaires. La durabilité économique, en particulier, doit être davantage prise en compte. L'association voit un besoin d'agir sur des points centraux pour la branche laitière. Ainsi, les PSL exigent entre autres des moyens accrus pour le supplément pour le lait transformé en fromage et une contribution pour les herbages spécifique au lait.
La politique agricole prévue vise à ce que les grandes exploitations deviennent encore plus grandes et que les petites soient sacrifiées, selon un communiqué de l'Association des petits paysans. Cette stratégie du « grandir ou disparaître » va dans une direction totalement erronée. En toile de fond de cette critique se trouve la volonté du Conseil fédéral de faire passer de 0,2 à 0,5 la valeur minimale des unités de main-d'œuvre standard (UMOS) pour percevoir des paiements directs. Ce faisant, le Conseil fédéral encourage activement la disparition des fermes et mise sur une agriculture industrielle, selon l'association. Les petits paysans se réjouissent toutefois de l'introduction d'un échelonnement dégressif des paiements directs avec la PA2030+.
Dans un communiqué, la Communauté d'intérêts Espace agroalimentaire suisse (CI SAS / all. IGAS) salue l'orientation vers les résultats des paiements directs, la numérisation ainsi que l'utilisation réglementée des données. Cela conduit à plus d'autonomie et de responsabilité individuelle. Toutefois, le projet contient des observations du marché, des réglementations contractuelles, des obligations d'annonce et des contrôles de prix démesurés, qui sont en contradiction avec l'objectif de simplification administrative et nuisent aux perspectives économiques. La CI SAS demande en outre de renoncer aux coupes dans le budget agricole sur la voie de la nouvelle PA2030+ et souligne l'urgence des mesures climatiques.
Le Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB) se réjouit que la PA2030+ représente un développement et non une rupture radicale avec la politique agricole actuelle. Le SAB accueille également positivement le fait que des réglementations d'exception pour l'agriculture de montagne doivent être maintenues. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer la situation des revenus de l'agriculture de montagne et pour faire face aux conséquences du changement climatique. De plus, l'approche consistant à considérer le système alimentaire dans son ensemble n'est pas encore appliquée de manière assez conséquente dans le projet, selon le communiqué.
Dans un communiqué commun, le WWF, Pro Natura, BirdLife et Greenpeace écrivent que la PA2030+ offre l'opportunité d'un changement de cap en matière de climat et de biodiversité. Les objectifs climatiques existants doivent être ancrés de manière contraignante. La PA2030+ doit créer pour les paysannes et les paysans des possibilités d'orienter leur production de manière respectueuse du climat et de la nature, sans pour autant mettre en péril leur existence économique. Les organisations annoncent qu'elles examineront les propositions en détail et participeront activement à la consultation.
La Conférence des directeurs cantonaux de l'agriculture (CDCA) salue l'orientation fondamentale du projet. Elle exprime toutefois de sérieux doutes quant au fait que les paiements directs axés sur les résultats entraînent réellement un allégement administratif pour les exploitations. Les nouveaux indicateurs, systèmes de mesure et justificatifs ne doivent pas créer de complexité supplémentaire, précise un communiqué. Pour la CDCA, la simplification signifie en premier lieu de démanteler systématiquement les programmes compliqués existants et la microgestion. Les programmes compliqués ne doivent pas être remplacés par de nouveaux programmes tout aussi complexes.
L'Association suisse pour un secteur agroalimentaire fort (ASSAF / all. SALS) considère comme positif que la politique agricole soit ciblée et crée une marge de manœuvre pour plus de liberté entrepreneuriale. L'association soutient en outre l'intégration de l'ensemble de la chaîne de création de valeur afin de promouvoir la durabilité. La création d'indicateurs de durabilité accessibles sous forme numérique est une condition préalable importante pour que les objectifs puissent être atteints. L'ASSAF porte un regard critique sur les réglementations de détail qui pourraient faire repartir à la hausse la charge administrative, ainsi que sur les réductions prévues du budget agricole. Une diminution serait un mauvais signal. De plus, l'ASSAF regrette qu'aucune amélioration de la protection douanière ne soit prévue.
Source : https://lid.ch/artikel/reaktionen-auf-vorschlag-zur-agrarpolitik-2030plus
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